Lettre à Jean-François Fountaine, Maire de La Rochelle – le 12 Décembre 2014

Monsieur Le Maire,

Je viens vers vous respectueusement au sujet de l’exploitation de la cimenterie HOLCIM sur le Grand Port Maritime (GPM) de La Rochelle à quelques encablures de l’île de Ré, en lisière des pertuis et d’une zone Natura 2000, futur parc national marin, lieu d’exception et de biodiversité, entraînant un risque fort de pollution marine, de dégradation du paysage, de pression exercée sur la population du quartier rochelais de La Pallice, déjà soumis à des contraintes fortes, à proximité immédiate du cœur du réacteur.

Je ne détaillerais pas les émissions toxiques par la cheminée et lors des manutentions, comprenant métaux lourds et perturbateurs endocriniens, énumérées dans l’étude d’impact.

L’association MAT-Ré n’ignore pas que vous aviez, à titre personnel, apporté votre suffrage au vote favorable du conseil municipal de La Rochelle, le 26 avril 2010, alors que la préfecture demandait que ce vote intervienne au début de l’enquête publique, le 22 mars 2010 et nous notons qu’un conseil municipal s’est déroulé le 29 mars 2010 sans mentionner ce sujet à son ordre du jour pourtant parfaitement maîtrisé par votre prédécesseur qui a signé le permis de construire (PC) le 18 février 2010 (par l’intermédiaire de son adjoint délégué). Si l’information était parvenue à la population à cette date, nous aurions été loisible d’attaquer en justice la légalité du PC (jusqu’au 18 avril 2010, ndrl) et nous notons la troublante chronologie des faits. Ce PC autorise la construction d’une cimenterie dans sa version gigantesque avec 4 tours culminant à 66 mètres, capable de produire près de 10% de la production cimentière française.

Sans anticiper les conclusions du Tribunal Administratif de Poitiers saisi par nos soins pour 2 Recours contentieux, ni les suites de la plainte pénale que nous avons déposé près le Tribunal de Grande Instance de La Rochelle pour suspicion de faux en écritures publiques et usage desdits faux dans le cadre de l’enquête publique, sans présumer de leur réalisation « en bande organisée », ni de possibles faits de corruption, nous vous avons alerté le 2 décembre 2014 par courrier de la non-conformité de l’actuelle construction et de la possible illégalité de l’exploitation. Ainsi l’industriel ou son successeur pourrait être amené à solliciter un nouveau PC en vue d’une production de 500 000 tonnes par an ce qui reste considérable. Serait alors posée la question des conflits d’intérêt et d’une possible entente préalable qui nous conduirait à saisir à nouveau la justice.

Politiquement, la poursuite de l’exploitation d’une cimenterie polluante en ces lieux serait désastreuse d’autant que 25 salariés se substitueraient aux 1000 emplois que nécessitent la production autorisée apportant la preuve de la mise en œuvre du chômage de masse.

Dès lors, nous appelons de nos vœux une légitime concertation et nous nous proposons de vous fournir un dossier scientifique concernant les risques cérébraux induits par les molécules chimiques émises qui pourraient contribuer à altérer la faune marine (Demeneix B, Oxford University Press ; Bellinger D, Harvard University, environmental Health Perspectives). Il n’est pas exclu qu’au titre du principe de précaution, la baignade soit à terme interdite sur les plages de Rivedoux, la pêche et l’ostréiculture menacées. Les connaissances scientifiques en la matière ont évoluées entre 2010 et 2015 et devront être intégrées dans le processus décisionnel.

Je vous prie d’agréer, Monsieur Le Maire, l’expression de ma considération distinguée.

Frédéric Jacq
Président Association MAT-Ré

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